La FNASEPH (Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap – Grandir et Vivre en société) milite pour la scolarisation et le développement de l’accompagnement, en tout temps et milieu de vie ordinaire, quel que soit le handicap pour les enfants, adolescents et jeunes adultes en situation de handicap.
Elle rassemble 23 associations de familles, elles même avec des profils très différents : associations nationales / collectifs régionaux ou départementaux, rassemblant eux-mêmes plusieurs associations,
La FNASEPH a été créée en 1996 pour développer l’aide humaine à l’école (initiée par des parents en 1982).
Elle s’est investie sur la question des auxiliaires de vie scolaire (AVS) en termes de soutien des associations dans la gestion des services d’AVS, d’aides techniques et logistiques, de moteur de l’innovation sociale …
Depuis septembre 2003, l’Éducation Nationale assurant la gestion des AVS, la FNASEPH poursuit son action de façon différente. Elle propose une aide aux familles et aux personnes, aux collectifs associatifs départementaux. Elle participe aux niveaux national et local aux instances de réflexion des politiques publiques. Elle milite pour que soit reconnue la place et le rôle des familles, leur expertise de vie.
La FNASEPH s’engage résolument pour une véritable société inclusive, dont un des piliers est évidemment une école inclusive.
Nous participons aux travaux de la commission scolarisation du CNCPH et nous faisons notre l’ensemble des 46 recommandations adoptées en réunion plénière en avril 2018 pour une école inclusive. Nous y reviendrons tout à l’heure.
Votre commission porte sur l’inclusion des élèves handicapés à l’école et à l’université de la République 14 ans après la loi du 11 février 2005.
La loi du 11 février 2005 est une loi forte d’affirmation des droits des personnes en situation de handicap et d’espérance de leur mise en œuvre.
Mais cette loi n’est pas isolée. Au-delà de notre législation et règlementation, elle est à prendre en considération dans un ensemble international plus vaste :
- L’Article 23 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, de novembre 1989, qui concerne les enfants en situation de handicap,
- La déclaration de Salamanque de l’UNESCO du 10 juin 1994 qui proclame que les personnes ayant des besoins éducatifs spéciaux doivent pouvoir accéder aux écoles ordinaires, elle formule des orientations pour passer de l’éducation traditionnelle dite « spéciale », destinée aux élèves déficients, à une « éducation inclusive » pour des enfants ayant des « besoins éducatifs particuliers »
- La définition de l’approche inclusive retenue par l’UNESCO dans ses principes directeurs en 2005 : «[…] un processus visant à tenir compte de la diversité des besoins de tous les apprenants et à y répondre par une participation croissante à l’apprentissage, aux cultures et aux collectivités, et à réduire l’exclusion qui se manifeste dans l’éducation. […] Elle suppose la transformation et la modification des contenus, des approches, des structures et des stratégies, avec une vision commune qui englobe tous les enfants de la tranche d’âge concernée, et la conviction qu’il est de la responsabilité du système éducatif général d’éduquer tous les enfants. »,
- L’article 7 de la Convention Internationale des Droits des Personnes Handicapées de décembre 2006 qui engage tous les États à garantir aux enfants handicapés la pleine jouissance de tous les droits et libertés fondamentales sur la base de l’égalité avec les autres enfants,
- L’article 24 de cette même convention qui engage les États à reconnaitre le droit des personnes handicapées à l’éducation.
Pour les familles concernées en France, cette loi de 2005 et son article 19, ainsi que les textes règlementaires qui vont ensuite en découler, fait enfin sauter un verrou : l’État, et donc le ministère de l’Éducation Nationale, est responsable et garant de la scolarisation de leurs enfants en situation de handicap dans l’école de son quartier.
Même si le terme d’école inclusive n’est pas mentionné dans le texte de 2005 (le concept « d’inclusion » est posé dans la loi de refondation de l’école de la République de 2013), l’idée est déjà présente dans les débats.
Pour débattre sur la mise en œuvre de l’article 19 de la loi de 2005, il faut bien entendu au préalable s’accorder sur les termes.
Comme cela est évoqué dans la contribution du CNCPH en préambule, nous préférons le terme inclusif à inclusion. Il permet ainsi de définir et mettre en œuvre des pratiques inclusives en opposition à des pratiques qui sont encore aujourd’hui exclusives.
Enfin, nous préférons aussi parler d’élèves à besoins éducatifs particuliers plutôt que d’élèves en situation de handicap, parce que l’école inclusive n’existera que si elle est pensée et conçue pour tous les élèves, n’importe quel élève. C’est une nécessité pour provoquer un changement en profondeur de l’école et des pratiques pédagogiques actuelles.
L’école inclusive repose sur une conviction forte : Tous les enfants peuvent apprendre. Le système éducatif général, ordinaire a la responsabilité d’éduquer tous les enfants. Tous les enfants peuvent être élèves. Ce concept d’éducabilité, défendu par Philippe Mérieu, est philosophiquement, éthiquement, ce qui doit nous guider aujourd’hui.
Historiquement, ce concept d’école inclusive prend le relais d’une exclusion (enfants « arriérés »), puis d’une ségrégation (enfants « inadaptés »), pour passer par l’intégration (enfants devant « s’adapter ») et aujourd’hui arriver tout simplement à parler de scolarisation pour tous.
C’est une rupture plus qu’un relais. Nous revendiquons cette nécessité de rupture forte, de changement de paradigme défendu par Charles Gardou et par Serge Thomazet. L’école pour tous accueille la diversité des élèves. Elle s’adapte à chacun en se basant sur l’analyse de leurs besoins et en s’appuyant sur leurs compétences. Il faut quitter un modèle centré sur le déficit pour adopter un modèle inclusif.
Il faut poser comme principe que tous les élèves sont scolarisés à l’école ordinaire. Il s’agit alors de penser des organisations, des aménagements, des adaptations pédagogiques, didactiques, sociales, matérielles, physiques… Il s’agit de développer d’une part une accessibilité universelle, et de déployer d’autre part les compensations complémentaires.
Pour cela il faut prendre en compte les besoins éducatifs particuliers des élèves. Ce concept intrinsèquement pédagogique relève de la compétence et de la responsabilité des enseignants et de l’école. Les enseignants ne doivent pas se focaliser sur « comment faire disparaitre la différence » ou « qui d’autre peut s’en charger » mais doivent plutôt chercher à comprendre comment l’enfant fonctionne seul et dans le groupe, quels ajustements sont utiles, souhaitables à réaliser au bénéfice des apprentissages, des progrès, des savoirs faire et des savoirs-être.
Parler d’élèves à besoins éducatifs particuliers élargit le débat au-delà de la question du handicap, parce que cela concerne aussi des élèves malades, nouvellement arrivés en France, à haut potentiel, en grande difficulté scolaire, …
Nous avons pris connaissance des différentes contributions portées par les associations auditées, ainsi que des différents échanges que vous avez pu avoir. Beaucoup a déjà été dit et nous partageons beaucoup des revendications qui vous ont été communiquées.
Quelques leviers à activer