Ecrit par Serge Thomazet -
Introduction au concept d’école inclusive
Lors de la journée d'automne de la fnaseph, en octobre 2015, Serge Thomazet a commencé par une présentation sur le concept d’école inclusive...
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Serge Thomazet

IUFM d’Auvergne, Université Blaise Pascal - Laboratoire PAEDI-ACTé UA 4281
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Soumis par thomazet le jeu 19/11/2015 - 12:27
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Ecole inclusive

“Je pense que l’on pourrait assez facilement remplacer école par société en fait. On voit bien qu’à la FNASEPH comme dans beaucoup d’associations, la question de la place des personnes handicapées a commencé avec l’école et puis s’est élargie avec le collège, le lycée puis la formation professionnelle et maintenant l’emploi et l’insertion professionnelle et sociale. 

L’école inclusive est partie d’un principe, d’une forme d’injonction de voir l’école avec un mode de vue simple qui dit que tout d’un coup tout enfant a le droit d’aller à l’école.”

Serge Thomazet est un chercheur de terrain et à travers ces échanges avec les professionnels il note que ces derniers considèrent souvent que l’école inclusive c’est l’inclusion, Inclusion sous-entendue inclusion en classe ordinaire.” 

Partant de ce constat  Serge Thomazet développe ce qu’il appelle les “2 malentendus de départ ”:

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“Donc le premier malentendu, je vais l’imager avec cette pyramide qui est une pyramide très classique des adaptations que l’on retrouve notamment en Amérique du Nord, aux États-Unis et au Canada avec un continuum qui va de l’enseignement spécialisé en milieu autonome jusqu’à une intégration individuelle et vous le savez tous, l’intégration elle se passe comme cela, c’est-à-dire que l’enfant est nourri en dehors de l’école et on négocie sa place dans l’école. Comme dit Charles Gardou on est dans une posture d’une école qui se mérite.

Les enfants ne sont pas de droit dans l’école et on va négocier la place et évidemment cette logique-là creuse un écart entre ce dont l’enfant est capable et ce que l’école offre, donc l’écart est trop grand et la scolarité n’est plus possible et ainsi les enfants restent en fait dans un dispositif adapté qui permet justement de prendre en compte leurs besoins, un milieu plus ordinaire ne le permettant pas.

L’école inclusive c’est tout autre chose, c’est mettre la pyramide à l’envers et mettre la pyramide à l’envers c’est considérer que tous les élèves a priori sont accueillis à l’école ordinaire, cela ne se discute pas, c’est au fond le sens de loi de 2005, quand on dit que tout élève est inscrit,  Charge à l’école de mettre en place les adaptations nécessaires logiques, sociales, organisationnelles pour répondre aux besoins de tous les jeunes. Donc en fait l’école inclusive elle essaye de gérer ce grand écart entre cette forme de contradiction d’une scolarité ordinaire et adaptée.

L’école inclusive comme d’ailleurs plusieurs documents du Ministère ont pu le décrire c’est un projet, on parle de promouvoir, c’est une orientation et déjà c’est quelque chose qui peut être extrêmement fédérateur, je vais revenir pas mal sur la question du travail d’ensemble et des équipes….Ce changement opéré par les textes et sur le terrain entre une logique de structure, c’est-à-dire de dispositifs a priori qui sont là de manière contingente à une logique de dispositifs au service de tous.

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Si on accepte d’inverser la pyramide, c’est-à-dire de se dire comment tous ensemble on va pouvoir construire une école qui va répondre aux besoins des élèves que l’on va accueillir, alors effectivement ces ressources peuvent être pensées et devenir adaptées…. Donc travailler ensemble, se créer une culture commune non pas pour faire la même chose et pour prendre la place de l’autre, mais pour agir ensemble.”

L’approche du deuxième malentendu : considérer que l’école inclusive ne concerne que les élèves handicapés. “La construction d’une école inclusive, c’est une école dans laquelle il n’y a pas que des élèves handicapés donc mettre en place l’école inclusive va nous amener à élargir notre champ de réflexion. Donc en fait, on peut penser que l’école aurait matière à inverser ce qui été mis en place depuis 2005, c’est-à-dire de penser d’abord les compensations, puis l’accessibilité, de l’inverser de penser d’abord l’accessibilité puis à défaut les compensations. Penser l’accessibilité ce serait de faire en sorte que le travail que l’on met en place, les outils que l’on met en œuvre, les dispositifs que l’on crée soient pensés pour le grand nombre et qu’à défaut on mette en place des compensations nécessaires. Ce qui fait que, si je reprends mon schéma, l’école inclusive pour les élèves handicapés, les élèves à besoins particuliers, pour tous les élèves. C’est forcément une transformation de l’école pour permettre à tout le monde de réussir.

L’enseignant lui sait gérer sa classe. Les parents savent aussi beaucoup de choses d’un autre point de vue et les professionnels du soin et de l’accompagnement savent d’autres choses. Mais personne ne connait la totalité de la problématique mais tous ensemble on trouvera les réponses. Donc horizontaliser les situations, le partenariat ne peut pas se construire en imposant les choses, un partenariat cela ne s’impose pas.”...

Pour lire la suite des échanges lors de cette journée, consultez la lettre d'information de la Fnaseph  : 
http://www.fnaseph.fr/lettres-d-information?id=1007
Un autre article de Serge Thomazet sur Enfant-different : De l'intégration à l'école inclusive

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